Anguille, silure… La réglementation évolue en cette fin de printemps…

En ce mois de juin 2026, plusieurs articles de loi prennent effet immédiatement concernant la réglementation-pêche sur ces deux espèces : l’Anguille européenne et le Silure glane.

Explications…

 

L’Anguille européenne : Réduction du temps de pêche de l’anguille jaune et déclaration des captures dans les 24 heures, pour la pêche amateur aux lignes et aux engins… 

Suite à la consultation publique sur le projet d’arrêté relatif à la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce de l’anguille d’Europe pour la saison 2025-2026, le ministère a publié un arrêté samedi 13 juin 2026.

  • Par conséquent, à compter de ce jour, tout pêcheur de loisir aux lignes en douce, hors bassin Rhône-Méditerranée-Corse, doit déclarer ses captures d’anguilles jaunes sous 24 heures, sur Internet ou papier.
La déclaration internet s’effectue au moyen du téléservice (créer un compte France Connect) : https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/peche-a-la-ligne-des-anguilles-jaunes.
Lorsque le pêcheur ne dispose pas d’un accès aux outils numériques, il est tenu d’adresser sa déclaration au format papier dans le même délai, le cachet de la poste faisant foi, à la FDAAPPMA concernée.
Les pêcheurs amateurs aux engins et filets, y compris les adhérents des AAPPMA autorisés à employer des engins et filets, continuent de tenir le carnet de pêche habituel.
 

Vous trouverez un tableau pour consigner vos captures dans le dépliant « réglementation-pêche » fédéral annuel, ou en téléchargement ci-dessous : 

ou en ligne sur : https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/peche-a-la-ligne-des-anguilles-jaunes.

 

Le Silure glane devient  « Espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques »

Le Silure glane a été classé dans la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques (ESPDB), concernant les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, par décret n° 2026-464  du 8 juin 2026.
Ce classement est fondé sur l’article L. 432-10 du Code de l’environnement, qui interdit l’introduction des espèces appartenant à cette liste dans les eaux libres et précise que l’interdiction « ne s’applique pas à la remise à l’eau des poissons pêchés, lorsque celle-ci a lieu immédiatement après la capture ».
Sur le plan pratique, il s’en déduit qu’à compter du 11 juin 2026, et dans les seuls bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne :
  • Toute introduction (transfert, alevinage et rempoissonnement, …) de silure glane est passible d’une amende de 9 000 euros.
 
  • Dans le cadre de l’acte de pêche, la remise à l’eau est possible dès lors qu’elle est pratiquée immédiatement après la capture.
 
  • Le silure capturé dans le cadre de pêches exceptionnelles visant à lutter contre les déséquilibres biologiques devra être soit remis au détenteur du droit de pêche, soit détruit (en vertu de l’article R. 432-10 du Code de l’environnement).

 

 

 

Pour information, ci-dessous, l’avis de la Fédération de Loire-Atlantique pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique représentant 30 000 pêcheurs, déposé le 09/06/2026 dans le cadre de la consultation :

 

Incidences d’une réduction d’un mois de la période de pêche pour les pêcheurs de loisir sur la protection de l’anguille européenne sur la saison 2025-2026.

Les pêcheurs de loisir ne sont autorisés à ce jour à pêcher uniquement l’anguille jaune sur une période de 5 mois (du 1er Avril au 31 Aout). Le présent projet aurait pour effet de réduire d’un mois cette période de pêche et d’imposer la déclaration des captures réalisées.

Considérant le statut de l’espèce classé en « Danger Critique d’Extinction » et l’état des stocks actuels, l’objectif affiché de renforcement de la protection de l’anguille par réduction des mortalités par pêche par ce projet d’arrêté ne sera pas atteint par cette seule restriction de la pêche de loisir en eau douce.

Tant que l’Etat français fera le choix de maintenir une exploitation de cette espèce par la pêcherie professionnelle sur ses 3 stades biologiques (civelle, anguille jaune et argentée), le renforcement recherché de la protection de cette espèce ne sera pas atteint. A l’inverse, la reconstitution de ses stocks sera fortement limitée par ces choix de gestion qui sont contraires aux préconisations du CIEM qui propose un moratoire sur toutes les pêches et sur tous les stades.

Une contribution déjà forte à la réduction des mortalités par la pêche de loisir :

Le Plan National de Gestion de l’Anguille, adopté en 2009, a fortement limité la pêche de loisir en eau douce concernant l’anguille, par l’interdiction totale de prélèvements des civelles et des anguilles argentées, et l’encadrement de la pêche des anguilles jaunes par une période réduite à 5 mois (au lieu de 12 mois) et une limitation des modes et procédés de pêche autorisés. Ainsi, les pêcheurs de loisir contribuent très largement à la réduction de la mortalité par pêche depuis 16 ans alors que l’Etat français autorise toujours l’exploitation des 3 stades de l’anguille par la pêcherie professionnelle. Ces incohérences ne peuvent que contribuées au résultat que l’on constate à ce jour, à savoir une population d’anguilles toujours en déclin au niveau national.

S’il s’avère nécessaire de poursuivre les efforts et de réduire à nouveau la mortalité par pêche, il est inacceptable que la pêche de loisir serve à nouveau de variable d’ajustement pour protéger les seuls intérêts de la pêche professionnelle. A ce titre, la réduction de période de pêche d’un mois imposée aux seuls pêcheurs amateurs par ce projet ne pourra être acceptée.

 

Un besoin de connaissance des captures de toutes les catégories de pêcheurs pour définir des mesures de gestion cohérentes et adaptées aux enjeux de protection de l’anguille.

L’obligation de déclaration des captures d’anguilles par les pêcheurs de loisir proposée par ce projet d’arrêté apparait nécessaire et indispensable. En effet, il convient d’actualiser les estimations des captures d’anguilles réalisées par les pêcheurs de loisir afin d’évaluer au plus juste son impact réel, ce dernier ayant fortement diminué depuis les dernières estimations datant de 2005 suite à la mise en œuvre des différentes restrictions en 2009. Elles ne peuvent donc plus servir de référence en l’état pour évaluer l’impact des prélèvements réalisés par la pêche de loisir.

Cependant, l’approche méthodologique du système de déclaration se doit d’être partagée avec nos fédérations de Pêche afin de s’assurer de la faisabilité technique et de l’acceptabilité pour nos adhérents. Par ailleurs, ces déclarations pourront difficilement se mettre en application de façon efficace dans le délai prévu par ce projet d’arrêté et pour la saison de

pêche 2025-2026. En effet, cette démarche va nécessiter une communication organisée et ciblée auprès nos adhérents et un travail de pédagogie important. Ce dernier sera d’autant plus difficile à conduire que nos adhérents sont dans l’incompréhension et l’inacceptation d’une situation constatée depuis 15 ans et défendue par les ministères, à savoir une privatisation de la ressource anguille au seul profit de la pêche professionnelle qui continue à exploiter notamment les stades biologiques les plus stratégiques (civelles et anguilles argentées).

En conséquence la Fédération de Loire-Atlantique pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique formule un avis défavorable à ce projet d’arrêté relatif à la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce de l’anguille pour la saison 2025-2026 mais souligne cependant la nécessité de mettre en œuvre la déclaration des captures d’anguilles pour les pêcheurs de loisir à partir de la saison de pêche 2026-2027.