
Depuis 2018, la Fédération 44 se constitue partie civile de manière systématique dans les affaires de trafic d’espèces piscicoles protégées d’origine nantaise, et notamment le trafic des civelles, l’alevin de l’Anguille européenne tant convoité. Cette posture des pêcheurs de loisir de Loire-Atlantique a plusieurs objectifs :
-Soutenir et appuyer les services de l’État dans leur politique de lutte anti-braconnage de cette espèce protégée.
-Faire reconnaître la notion de préjudice écologique et consolider la jurisprudence auprès des juges.
– Faire alourdir les peines de celles et ceux qui tombent pour ce trafic illégal.
Ainsi, sa position prépondérante dans la protection des espèces piscicoles protégées des eaux douces permet à la FLAPPMA 44 d’argumenter vis-à-vis du préjudice écologique subi par le trafic illégal de l’Anguille européenne et de faire monter la pression sur les protagonistes des affaires en cours, mais aussi sur ceux qui auraient envie de s’y engager…
7 affaires internationales en cours…
La France s’est engagée depuis quelques années dans une stratégie de démantèlement des réseaux mafieux liés au trafic mondial d’espèces animales protégées. Et les enquêteurs de tous les services (police, gendarmerie, douanes, impôts…) aidés par les renseignements de terrain des garde-pêche des fédérations concernées, ont ainsi tissé un réseau parfaitement maillé dans le cadre de leurs enquêtes criminelles liées au trafic de civelles, touchant les plus « gros poissons » jusqu’au « menu fretin ». Les enquêtes et les instructions judiciaires qui en découlent sont longues et il faut parfois attendre quelques années avant qu’un verdict définitif ne tombe… comme un couperet !
Des peines de plus en plus lourdes pour « passer l’envie »
Ainsi récemment, des têtes sont tombées dans le cadre de deux affaires liées à la région nantaise. L’une d’elles sort tout juste du tribunal d’appel de Pau (64) (05/02/2026) et engage deux mareyeurs résidant et travaillant au Pays Basque avec le chef d’accusation « trafic d’espèces protégées en bande organisée ». Un premier jugement avait condamné ces deux protagonistes à 10 000 euros pour le seul préjudice écologique, assortis de 6 et 18 mois de prison avec sursis. Cette fois, le jugement de la cour d’appel s’est vu majoré de manière spectaculaire et le préjudice est passé à 380 000 euros dont 150 000 euros correspondant au seul préjudice écologique demandé par la Fédération de pêche 44, assortis de 2 et 3 ans de prison respectivement, et sans compter les saisies sur comptes bancaires et matérielles!
La deuxième affaire jugée en novembre 2025 en première instance à Créteil (94) engage un préjudice global de 450 000 euros dont 115 000 euros de préjudice écologique demandé par la Fédération de Loire-Atlantique pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique qui s’est constituée partie civile ! 13 prévenus sont inquiétés pour trafic illégal d’espèce protégée et blanchiment d’argent, assorti d’autres chefs d’accusation (transports, exportations et réexportations illégaux notamment). Dans ce contexte, la FLAPPMA44 a demandé une exécution de peine provisoire afin de pénaliser le plus possible les prévenus et de saisir les sommes liées au préjudice écologique.
L’Anguille européenne est une espèce classée « en danger critique d’extinction » par l’Union Internationale de Conservation de la Nature. La constitution systématique en « partie civile » de la FLAPPMA 44 pour préjudice écologique la conforte dans son rôle de protection des espèces piscicoles et en particulier dans un contexte global de moins en moins favorable à la pêche de ce poisson :
| À ce titre, nous, pêcheurs de loisir, demandons un arrêt total des pêches professionnelles comme amateurs pour une période de repos biologique qui vise à rétablir des stocks et ce jusqu’au retour constaté scientifiquement des conditions favorables à sa pêche. |
La Fédération de Loire-Atlantique pour la Pêche et la protection du Milieu Aquatique et les pêcheurs de loisir qui lui sont affiliés sont engagés pour une pêche durable qui nécessite une protection efficace des espèces piscicoles.



