Renaturation du ruisseau du Pont Serin

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Le ruisseau du Pont serin n’est désormais plus à présenter aux pêcheurs ! Depuis janvier 2016, le cours d’eau a été l’objet de travaux d’aménagement et de mise en valeur halieutique et l’AAPPMA la Gaule blinoise, accompagnée de la Fédération de pêche 44 y ont développé un parcours « truite » très intéressant.

En septembre et octobre derniers, des travaux complémentaires sont venus renforcer les aménagements initiaux et vont donner un aspect encore plus intéressant à la petite rivière.

 

Début 2016, la fédération de pêche 44 et l’AAPPMA La Gaule blinoise engageaient des travaux d’aménagement de berges et d’entretien de la végétation pour rendre un libre accès du cours d’eau à son lit, mais aussi aux futurs pêcheurs, lesquels s’étaient alors pressés lors de la première ouverture « truite » de mars 2016 (revoir l’article :  « Le pont Serin retrouve son libre cours« ).

Des travaux prévus dès le début du projet

Les travaux ne devaient pas s’arrêter à un simple entretien de la végétation, et c’est donc à l’issue d’une autorisation préfectorale qui a un peu tardée, que la Fédération de Pêche 44 a déclenché à la fin de l’été 2017 des travaux afin de dynamiser le cours du ruisseau.

Ces derniers ont consisté en la réalisation de nombreuses banquettes de part et d’autres des berges pour assurer un resserrement ainsi qu’ une minéralisation du lit mineur.

La truite aime les cailloux de différentes granulométries et les courants vifs et diversifiés. Ce type d’aménagement va lui permettre d’évoluer dans de meilleures condition, mais aussi d’envisager peut-être sa reproduction…

Une hydrologie particulièrement faible à l’été 2017

truite-censgranuloLa saison dernière a été (et reste) compliquée en terme d’hydrologie des cours d’eau de Loire-Atlantique. L’été 2017 restera dans les annales des étiages très sévères, et ce dans tous les cours d’eau ligériens. Le débit a chuté très rapidement au printemps et la rivière a connu des assecs très prononcés. Quelques poches d’eau ont néanmoins subsisté ça et là, mais les populations de truites fario déjà introduites par 2 fois (2016 et 2017) ont certainement beaucoup souffert de ces dures conditions.

 

 

 

Un coup de pouce morphologique

En temps normal, la rivière qui est une entité minérale « vivante » se gonfle au gré des crues et charrie toutes sortes de matériaux dont principalement des sédiments plus ou moins grossiers (limons, sables, graviers, cailloux et blocs…). Elle formera au fil des décennies son lit mineur, fait de méandres et d’alternances de fosses et de radiers (hauts fonds où le courant s’apprête à « basculer » dans une accélération).

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Aujourd’hui, après de [trop] nombreuses inondations dues aux drainages et aux recalibrages néfastes, et  malgré quelques récalcitrants irréductibles qui campent ces solutions inefficaces, l’ensemble des politiques actuelles de l’eau  tend vers la renaturation des cours d’eau : on laisse désormais le cours d’eau évoluer à sa guise, voire même, on l’aide à se réinstaller correctement pour « imprimer » le début d’un re-méandrage naturel.

Le pont Serin n’échappe pas à cette politique !

Des cailloux et des blocs rocheux… Et pas qu’un peu !

Pour certaines espèces comme la truite, mais aussi le chabot dont la présence remarquée doit aussi être confortée, l’apport de matériaux minéraux est nécessaire dès lors que le bassin versant ne dispose pas (ou plus) de ressources à remettre en oeuvre au gré des crues.

Ce qui a été positionné dans le ruisseau provient d’une carrière locale : 750 tonnes de granulats pré-lavés ont ainsi été disposés dans le lit du Pont Serin sur seulement 3,5 kilomètres. 

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Des banquettes  savamment disposées en alternance vont ainsi assurer un débit dynamique, même lors d’un fort étiage. C’est la garantie  pour le cours d’eau de créer une grande diversité d’écoulements, favorables à une vie piscicole qui le sera tout autant : lieux et supports de ponte pour les insectes aquatiques et les poissons, nombreuses caches et obstacles à la prédation… 

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L’hiver, les banquettes sont recouvertes par les eaux de crues, les blocs rocheux servent d’abris pour les poissons. L’été, les débits étant plus faibles, les étranglements causés par les banquettes dynamisent un courant qui garde ainsi une petite « charge », suffisante pour assurer une oxygénation salvatrice.  

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Espérons que cette dynamique conviendra à nos belles farios et souhaitons leur une belle reproduction…