Il existe de nombreuses notions de classement des cours d’eau et plans d’eau en France : privé/ public, mais aussi eaux libres/eaux closes, mais également 1ère catégorie/ 2ème catégorie…Alors pour y voir plus clair, voici quelques explications sommaires : 

Eaux libres vs. eaux closes

C’est la première chose à connaître. Ce statut de l’eau va conditionner l’achat ou non de votre carte de pêche. 

Une pièce d’eau est dite « close » lorsqu’elle ne communique pas avec un ruisseau ou cours d’eau (la pièce d’eau est alimentée par des écoulements pluviaux et n’a pas d’exutoire à l’aval). La plupart du temps, cela correspond à une mare ou un plan d’eau en dérivation d’un cours d’eau, lesquels ne sont alimentés que temporairement.

La pêche en eaux closes ne nécessite pas de carte de pêche car le poisson ne peut pas y dévaler, et rarement y remonter. 

 

Toutes les autres eaux sont dites libres, le poisson peut y transiter de l’amont à l’aval et vice-versa, et vous devrez donc vous acquitter de votre carte de pêche.

 

1ère catégorie vs. 2ème catégorie

Il s’agit ici d’un classement des cours d’eau et plans d’eau en fonction de leur dynamique hydraulique, et de ce fait,  des espèces qu’ils hébergent. 

  • 1ère catégorie 

Biodiversité des cours d'eau

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Ce sont les cours d’eau et plans d’eau à dominante salmonicole. Ils hébergent la truite principalement, et les espèces d’eaux vives comme le vairon, le goujon, le chabot, le chevesne, l’ablette. La 1ère catégorie correspond à des cours d’eau de montagne, de moyenne montagne et parfois de plaine mais le courant y est vif et très oxygéné (le brassage de l’eau augmente la quantité d’oxygène dissous). Ces rivières, lorsqu’elles n’ont pas été aménagées par des barrages infranchissables, accueillent des migrateurs exigeants en oxygène comme le saumon  (c’est le cas de certains cours d’eau en Bretagne, en Normandie et dans les Pyrénées). 

La pêche en 1ère catégorie cible essentiellement la truite, parfois d’autres espèces comme l’ombre commun, le saumon de fontaine (non endémique) et l’omble chevalier,  et regroupe des pêcheurs souvent actifs et en constant mouvement (ils remontent le cours d’eau pour chercher le poisson).

La pêche n’y est autorisée qu’à une seule canne.

 

 

  • 2ème catégorie

Ce sont les cours d’eau et plans d’eau de plaine le plus souvent, dont le courant a perdu sa charge du fait d’une pente moins prononcée. La vitesse d’écoulement est calme à lente, voire inexistante (étang, lacs) et les espèces présentes sont beaucoup moins exigeantes en oxygène dissous dans l’eau. On va y trouver le barbeau, le chevesne, le brochet, le sandre, la carpe, le Black-bass, et tous les poissons blancs (gardons, rotengles, brèmes)…La pêche y est autorisée jusqu’à 4 cannes (selon réglementation locale).

 

Domaine public vs. domaine privé

  • Le domaine public fluvial (DPF)

Comprend les cours d’eau et plans d’eau domaniaux (qui appartiennent à l’état, ou ses représentants décentralisés comme les Conseils Départementaux, collectivités locales, communes…). Il est en grande partie navigable et représente essentiellement les grands fleuves, certaines rivières et canaux, et les grands ensembles lacustres et/ou de retenue.

Ces pièces d’eau sont le plus souvent navigables en bateaux à moteurs et représentent même des axes de navigation pour l’acheminement des marchandises.

Le droit de pêche y est partagé en 3 acteurs principaux :

  • les pêcheurs professionnels
  • les pêcheurs de loisir aux lignes
  • les pêcheurs amateurs aux engins et au filets

La pêche y est divisée en lots, eux-même distribués par adjudication (sorte d’appel au plus offrant). Néanmoins, les AAPPMA sont prioritaires sur certains lots de part la loi. Le domaine public est classé en 2ème catégorie piscicole à 99,9%.

La pêche y est autorisée partout en France avec une seule canne, quelle que soit votre AAPPMA (en achetant votre carte de pêche majeure en Loire-Atlantique, vous pourrez y pêcher à l’aide de 4 cannes, et sur l’ensemble du domaine public français,  à l’aide d’une seule canne sans prendre de timbre supplémentaire).

 

  • Le domaine privé

Il est majoritaire en France en terme de linéaire. Il regroupe tous les cours d’eau et plans d’eau appartenant à des propriétaires riverains. La plupart des cours d’eau classés en 1ère catégorie appartiennent à ce domaine, mais il y a autant de 1ère que de 2ème catégorie sur le domaine privé. 

Pour pratiquer la pêche aux lignes (et parfois aux engins) sur le domaine privé, chacun (y compris le détenteur du droit de pêche) doit adhérer à une AAPPMA (carte de pêche obligatoire). Pour le pêcheur « lamda », il est nécessaire d’obtenir l’accord du propriétaire pour pêcheur sur son terrain. C’est là qu’intervient votre AAPPMA, qui va négocier ce droit de pêche pour en faire bénéficier ses adhérents.

 

Les parcours de pêche privés

On les appelle aussi « non réciprocitaires »…Explications :

Les propriétaires riverains ont concédé leur droit de pêche à une société de pêche non agréée. L’ensemble du parcours est géré par cette association et ne tolère que ses propres adhérents. Pour y pêcher, il vous faudra votre carte de pêche AAPPMA, mais avec une cotisation supplémentaire, fixée par la société de pêche non agréée.